21

October

2026

Comment optimiser la gestion des stocks en pharmacie ?

Méthode ABC, seuils de réapprovisionnement, inventaire tournant, indicateurs et invendus : on fait le tour des méthodes concrètes pour optimiser la gestion des stocks en pharmacie.

Laurent Sala

Points clés de l'article

  • Une bonne gestion des stocks en pharmacie évite à la fois les ruptures, qui font perdre des patients, et les surstocks, qui immobilisent de la trésorerie.
  • La méthode ABC permet de concentrer l'attention sur les références qui pèsent vraiment dans le chiffre d'affaires.
  • Des seuils de réapprovisionnement, un stock de sécurité calibré et l'anticipation de la saisonnalité rendent les commandes plus justes.
  • Le rangement selon le principe « premier périmé, premier sorti » et l'inventaire tournant fiabilisent le stock sans bloquer l'équipe.
  • Quelques indicateurs suivis chaque mois (rotation, couverture, ruptures, invendus) suffisent à piloter.
  • Les invendus parapharmaceutiques restants peuvent être donnés plutôt que détruits, avec une réduction fiscale à la clé.

Dans une pharmacie, le stock n'est pas une simple réserve de produits. C'est l'un des premiers leviers de la qualité de service, de la sécurité des patients et de la rentabilité. Trop peu de stock, et c'est la rupture au comptoir. Trop de stock, et c'est de la trésorerie immobilisée, de la place perdue, puis des produits qui finissent périmés.

La bonne nouvelle, c'est que les bonnes pratiques sont connues, éprouvées et applicables dans toutes les officines, quelle que soit leur taille. Chez Pharmagreen, on accompagne chaque semaine des pharmacies sur la question des invendus, et on voit bien que tout commence par un stock piloté.

On fait le tour des méthodes concrètes pour optimiser la gestion des stocks en pharmacie : analyser, commander juste, organiser, piloter, et valoriser ce qui reste.

Pourquoi la gestion des stocks est stratégique pour une officine

Un stock mal calibré produit deux effets également négatifs :

  • la rupture, qui dégrade le service, retarde une prise en charge et peut pousser un patient vers une autre officine ;
  • le surstock, qui immobilise du capital, occupe l'espace et finit souvent en invendus.

La disponibilité des produits de santé est un sujet sensible, et les tensions d'approvisionnement en ville comme à l'hôpital rendent la gestion du stock encore plus stratégique. Côté qualité, le stock doit aussi respecter les règles de conservation et de traçabilité fixées par les bonnes pratiques de dispensation de l'Ordre des pharmaciens : dates de péremption, lots, températures.

Enfin, un invendu coûte bien plus que son prix d'achat : il faut y ajouter le capital immobilisé, le temps de gestion et parfois le coût de destruction. On a d'ailleurs détaillé comment mesurer l'impact réel des invendus sur la rentabilité.

Analyser son stock : la méthode ABC et les références à risque

Avant de changer quoi que ce soit, on commence par regarder son stock en face. Toutes les références ne méritent pas la même attention, et c'est tout l'intérêt de la méthode ABC :

  • A : un petit nombre de références qui font l'essentiel du chiffre d'affaires (souvent autour de 20 % des produits pour 80 % des ventes). Suivi très régulier et stock de sécurité.
  • B : des références intermédiaires, à surveiller chaque semaine ou chaque mois.
  • C : des produits à faible rotation, à garder au minimum, voire à remettre en question.

Pour la mettre en place, on procède en quatre temps :

  1. extraire du LGO le chiffre d'affaires par référence sur 12 mois glissants ;
  2. trier les références par valeur décroissante ;
  3. repérer le seuil des 80 % pour isoler les références A ;
  4. réviser ce classement tous les six mois.

Certaines références méritent une vigilance particulière : les dates courtes, les grandes quantités achetées en une fois, les nouveautés qui ne décollent pas et les gammes en fin de vie. La parapharmacie est la plus exposée, notamment les produits saisonniers, les cosmétiques et les compléments alimentaires. On a d'ailleurs identifié les catégories de parapharmacie qui coûtent le plus cher en invendus.

Commander juste : seuils, stock de sécurité et saisonnalité

Connaître ses références ne suffit pas, il faut aussi commander au bon moment et dans la bonne quantité. Deux paramètres font la différence :

  • le seuil de réapprovisionnement, c'est-à-dire le niveau de stock qui déclenche automatiquement une commande ;
  • la quantité commandée, qui doit équilibrer le coût des commandes fréquentes et celui du stockage.

Le stock de sécurité protège contre les aléas : livraison retardée, rupture chez le fournisseur, pic de demande. Une formule simple sert de point de départ : (délai de livraison maximum moins délai moyen) multiplié par la consommation moyenne par jour. On le révise après chaque rupture ou chaque surstock constaté.

La saisonnalité se gère en amont. Une crème solaire invendue en septembre ou des produits d'hiver commandés en excès coûtent cher. On compare les ventes des deux dernières années sur la même période, on réduit les quantités sur les produits très saisonniers et on réapprovisionne plus souvent. Certaines officines vont plus loin et transforment même l'été en saison solidaire.

Enfin, la relation avec les fournisseurs est un levier sous-exploité. Des livraisons plus fréquentes en plus petites quantités et des conditions de retour négociées permettent de réduire le stock de sécurité nécessaire. Attention aussi aux achats en volume : une remise intéressante à l'entrée peut devenir une perte si la sortie n'est pas anticipée.

Organiser la réserve et fiabiliser l'inventaire

La gestion des stocks ne se joue pas qu'à l'écran. L'organisation physique de la réserve compte tout autant :

  • premier périmé, premier sorti : les produits dont la date est la plus proche passent devant, en rayon comme en réserve ;
  • le zonage : on regroupe les références par famille, par rotation ou par fournisseur ;
  • l'étiquetage : chaque emplacement est identifié, ce qui évite les doublons de commande ;
  • une zone dédiée aux produits sensibles, aux retours et aux dates courtes.

On a détaillé ces méthodes dans notre article pour optimiser le rangement des médicaments en officine.

L'inventaire tournant remplace avantageusement la grande journée d'inventaire annuel. Chaque semaine, on contrôle une zone ou une catégorie différente : les références A plus souvent, les C plus rarement. Les écarts entre le stock théorique et le stock réel sont repérés plus tôt et corrigés plus vite.

Tout cela ne tient que si l'équipe est impliquée. Il faut des rôles clairs (réception, rangement, suivi des dates, commandes), des procédures écrites et une formation régulière, que les pharmaciens intègrent par ailleurs dans leur obligation de développement professionnel continu. L'Ordre encourage d'ailleurs une démarche qualité dans chaque officine. Pour une vision plus large de l'organisation, on a réuni 10 bonnes pratiques pour gérer une pharmacie au quotidien.

Piloter avec le LGO et les bons indicateurs

Le logiciel métier fait une grande partie du travail, à condition d'être bien paramétré. Les fonctions à activer en priorité :

  • des alertes de seuil qui déclenchent les commandes ;
  • des tableaux de bord de rotation, pour repérer les références qui ne bougent pas ;
  • des alertes de péremption ;
  • l'historique des commandes, pour affiner les prévisions ;
  • la connexion avec les grossistes et les laboratoires pour commander en quelques clics.

L'outil ne remplace pas la méthode : des seuils mal réglés produisent des commandes mal calibrées. On suit donc chaque mois quelques indicateurs simples :

  • le taux de rotation : combien de fois le stock se renouvelle sur une période ;
  • le taux de couverture : combien de jours de vente le stock actuel couvre ;
  • le taux de rupture : la fréquence des ruptures, surtout sur les références A ;
  • le taux d'invendus : la part du stock qui atteint sa date sans être vendue ;
  • le coût de détention : ce que le stock coûte réellement à porter.

‍

Les 5 indicateurs pour piloter le stock d'une officine
Indicateur Ce qu'il mesure Signal d'alerte Action à mener
Taux de rotation Nombre de renouvellements du stock sur une période Rotation faible ou en baisse Réduire les quantités commandées, revoir les références C
Taux de couverture Nombre de jours de vente couverts par le stock Couverture très supérieure au délai de livraison Abaisser les seuils de réapprovisionnement
Taux de rupture Fréquence des ruptures par référence Ruptures répétées sur des références A Relever le stock de sécurité, revoir le délai fournisseur
Taux d'invendus Part du stock qui atteint sa date sans être vendue Hausse sur la parapharmacie saisonnière Anticiper les dates courtes, donner les invendus éligibles
Coût de détention Ce que le stock coûte à porter (trésorerie, espace, obsolescence) Réserve saturée, trésorerie tendue Déstocker, négocier des livraisons plus fréquentes

‍

Réduire les pertes : dates courtes et invendus parapharmaceutiques

Même avec une gestion exemplaire, il restera toujours des invendus : fins de gamme, changements de référencement, erreurs d'achat, dates courtes repérées trop tard. À l'échelle nationale, ce sont 100 millions d'euros de produits parapharmaceutiques détruits chaque année en officine, alors que 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté selon l'Insee.

Face à ces invendus, plusieurs options existent :

‍

Que faire des invendus parapharmaceutiques en officine ?
Option Quand l'utiliser Avantage Limite
Déstockage Produits encore loin de leur date Récupère une partie du chiffre d'affaires Rogne la marge, inefficace sur les dates très courtes
Retour fournisseur Conditions de retour prévues à l'achat Avoir sur les prochaines commandes Rarement possible, à négocier en amont
Don avec Pharmagreen Produits éligibles encore utilisables Jusqu'à 50 % de la valeur HT remisée en réduction fiscale nette, zéro logistique, conformité AGEC Réservé à la parapharmacie (les médicaments suivent leurs propres filières)
Destruction Produits périmés ou non éligibles au don Solution de dernier recours Coût de destruction, valeur perdue, encadrée par la loi AGEC

‍

Le cadre légal va dans le même sens. La loi AGEC interdit la destruction des invendus non alimentaires, et les produits d'hygiène invendus doivent en priorité être donnés. Pourtant, beaucoup reste à faire dans l'application de cette interdiction, et le don progresse comme voie d'écoulement des invendus non alimentaires. Les médicaments suivent leur propre filière : côté patients, par exemple, les médicaments non utilisés sont collectés par Cyclamed.

Pour la parapharmacie, on a voulu rendre le don plus simple que la destruction :

  • le logiciel Pharmagreen s'intègre nativement à plus de 15 LGO, et le bordereau se génère via une imprimante virtuelle ;
  • l'équipe n'a aucune charge logistique ni administrative ;
  • les produits éligibles partent vers une association proche de l'officine ;
  • on libère jusqu'à 3 m² dans la réserve.

Le don ouvre droit à la réduction d'impôt du mécénat d'entreprise. Avec Pharmagreen, on propose jusqu'à 50 % de la valeur HT remisée, net et commission incluse, soit jusqu'à 5 000 € de valorisation fiscale par an. Tous les détails figurent sur la page consacrée aux avantages fiscaux pour les pharmaciens. On explique aussi comment le don fonctionne depuis le LGO et l'impact concret auprès des associations.

Estimez l'impact de vos invendus
par chiffre d’affaires
par valeur des invendus

Chiffre d'affaires de mon officine

€

Valeur de mes invendus

€

Pour récupérer vos résultats, entrez votre adresse e-mail ci-dessous :

Résultats instantanés

💸
Réduction fiscale
??
🤝
Produits sauvés??
🌱
Emissions évitées??
Oups, l'envoi n'a pas fonctionné. Merci de réessayer.

Conclusion : du stock subi au stock piloté

Optimiser la gestion des stocks en pharmacie ne demande pas de révolution. Quelques principes, appliqués avec régularité, suffisent :

  • segmenter avec la méthode ABC ;
  • régler les seuils et le stock de sécurité ;
  • anticiper la saisonnalité ;
  • ranger selon le principe « premier périmé, premier sorti » ;
  • inventorier en continu ;
  • suivre les bons indicateurs.

Résultat : moins de ruptures, moins d'invendus, une trésorerie plus saine et une équipe qui gagne du temps.

Et pour ce qui reste malgré tout, il y a mieux que la destruction. Prenez 15 minutes avec l'équipe Pharmagreen et on lance ensemble vos premiers dons.

‍

Questions fréquentes : gestion des stocks en pharmacie

Comment optimiser la gestion des stocks en pharmacie ?
En combinant quelques méthodes simples : segmenter les références avec la méthode ABC, paramétrer des seuils de réapprovisionnement et un stock de sécurité dans le LGO, anticiper la saisonnalité, ranger selon le principe « premier périmé, premier sorti », pratiquer l'inventaire tournant et suivre chaque mois quelques indicateurs comme la rotation, la couverture et le taux d'invendus.
Comment calculer un stock de sécurité en officine ?
Une formule simple sert de point de départ : on multiplie l'écart entre le délai de livraison maximum et le délai moyen par la consommation moyenne journalière de la référence. Ce calcul se fait référence par référence et se révise après chaque rupture ou chaque surstock constaté.
Qu'est-ce que l'inventaire tournant ?
C'est une méthode qui consiste à contrôler chaque semaine une zone ou une catégorie différente du stock, plutôt que de tout compter en une seule journée. Les références A sont vérifiées plus souvent que les C. Les écarts entre stock théorique et stock réel sont repérés plus tôt, sans fermer l'officine ni mobiliser toute l'équipe.
Quels produits génèrent le plus d'invendus en pharmacie ?
La parapharmacie est la plus exposée, en particulier les produits saisonniers (solaires, produits d'hiver), les gammes cosmétiques et les compléments alimentaires. Les fins de gamme, les changements de référencement et les achats en volume mal anticipés sont aussi des sources fréquentes de pertes.
Une pharmacie peut-elle détruire ses invendus de parapharmacie ?
La loi AGEC interdit la destruction des invendus non alimentaires et impose que les produits d'hygiène invendus soient donnés en priorité. La destruction ne doit intervenir qu'en dernier recours. Les médicaments, eux, suivent leurs propres filières réglementées.
Comment Pharmagreen aide-t-il à réduire les pertes liées au stock ?
Pharmagreen permet de donner les invendus parapharmaceutiques éligibles à une association proche de l'officine. Le logiciel s'intègre nativement à plus de 15 LGO, le bordereau se génère via une imprimante virtuelle et l'équipe n'a aucune charge logistique. Le don ouvre droit à une réduction fiscale jusqu'à 50 % de la valeur HT remisée, nette et commission incluse, soit jusqu'à 5 000 € par an, et libère jusqu'à 3 m² de réserve.

Qui de mieux que nos partenaires pour parler de l’impact positif de Pharmagreen ?

Ils ont adopté PharmaGreen et valorisé leurs invendus en actions positives.

J’avais découvert Pharmagreen lors du salon Pharmagora, et ce fut une bonne surprise de les revoir directement à la pharmacie. Trois points m’ont particulièrement convaincu : l’engagement solidaire avec les dons aux associations, la simplicité du processus qui nous fait gagner du temps, et l’avantage financier lié au don. Ces trois qualités font de Pharmagreen une entreprise qui s’inscrit pleinement dans la vie des pharmacies.

Quentin Rey

Pharmacie patay - Paris

« Nous avons choisi de faire des dons avec Pharmagreen pour éviter le gaspillage. Il nous arrivait de jeter des produits encore utiles, faute de solution. Grâce à cette plateforme, nous pouvons en faire profiter des personnes qui en ont besoin. La première expérience s’est très bien passée : le module est simple et intuitif. Nous avons l’intention de continuer, même si le rythme dépendra des périodes et des produits disponibles à donner. »

Marie-Charlotte

Bonson - Pharmacie de la gare

Pharmagreen nous permet de gérer nos invendus de manière responsable et efficace. Plutôt que de laisser des produits inutilisés, nous pouvons les donner à des associations locales qui en ont besoin. C’est un vrai plus pour notre pharmacie et pour la communauté.”

Nelly

Echirolles - Grande Pharmacie Vigny Musset

Bravo! Quelle belle idée de réduire le gaspillage des produits de parapharmacie et par la même occasion de limiter nos pertes. Très simple d'utilisation, très bon accompagnement pour la mise en place et suivi très satisfaisant.

Annette

Voiron - Pharmacie de la Citadelle

Aujourd’hui, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un enjeu clé, même pour les pharmacies. Avec Pharmagreen, nous avons trouvé un moyen concret et simple d’y contribuer en donnant nos invendus à des associations. Une belle initiative qui devrait se généraliser.

Chloé

Meylan - Pharmacie de la Plaine Fleurie

Service utile et gagnant gagnant. C'est l'occasion de faire le point sur la gestion de nos périmés. Pratique aussi pour se débarrasser des gammes qui ne tournent pas. On sécurise 50% de la valeur de 100% de nos invendus et on est heureux de rendre service aux associations. Le tout sans perdre de temps grâce à pharmagreen !

Cécilia

Saint Priest - Pharmacie des Gravières